vendredi 30 novembre 2012

Eliot. Journal du tournage, vendredi

Le tournage du troisième jour au eu lieu dans le parc de Woluwé. Par une chance incroyable, l'automne était bien présent. Xavier et Helena se retrouvaient pour la seconde fois ensemble, en amoureux (vraiment) transis. Ce fut l'occasion de faire connaissance avec les sympathiques gardiens du parc, amateurs de cinéma à leurs heures perdues. Deux nouveaux acteurs en herbe ont fait leur apparition face à la caméra, Elio et Maxime. Ils se sont joints à l'équipe du film et ont apporté, en plus de leur talent, le dynamisme et la bonne humeur tout au long de la journée !


Ça pourrait être le leitmotiv de tout le film tellement c'est vrai... le destin était avec nous ; nous avons eu beaucoup de chance avec le temps. Pendant le premier tournage, nous avions besoin de soleil. L'affaire n'était pas gagnée mais pourtant l'astre luisant était au rendez-vous. Le second tournage, il nous fallait éviter à tout prix que la tempête prévue depuis longue date ne s'abatte sur notre équipe. Nous avions failli tout annuler durant les 48 heures qui précédaient... Finalement, il n'y eut point d'ouragan. Seules des trombes d'eau eurent raison de notre acharnement, mais seulement vers 23 heures...

 Que demande le peuple ? Les couleurs prévues dans le scénario sont là. On assure comme des chefs.

Et cette fois-ci, alors que le scénario avait été remanié, il nous fallait impérativement tourner tandis que la forêt changeait de physionomie ; cela était nécessaire pour pouvoir marquer l'époque mais aussi donner aux retrouvailles d'Eliot et de Florence un décor d'automne féérique à la mesure de l'événement. Là encore, pour des raisons d'organisations, les dates retenues ont été postposées. Ce qui a donné lieu à une petite angoisse, à mesure que les feuillages s'éclaircissaient.
Jusqu'à ce jour J... où nous avons foulé du pied les étendues herbeuses du parc de Woluwé et découvert la magnificence de l'endroit. Les parterres abondaient de couleurs sable, orange et pourpre. Et dire que Philippe avait un temps envisagé de ramasser quelques sacs de feuilles jaunies, en espérant les répandre intactes pendant le tournage...

Du coup, cela met du baume au cœur et autorise à se laisser un peu aller, surtout pendant la scène du baiser.

Nous avions donc de bonnes raisons d'être satisfaits ; certes, il aurait fait un peu plus chaud, cela n'aurait pas déplu à Xavier et Helena qui s'efforçaient de ne rien laisser paraître de leur hypothermie naissante. Mais ce sont des professionnels, ils n'ont peur de rien !

Xavier est très pro, il n'est jamais distrait, surtout pas quand le réalisateur l'abreuve de ses conseils.

J'ai beau avoir fait la photo, je ne me souviens pas de quoi ça causait.

Préparation pour un panoramique. Seule une petite troupe de scouts est venu troubler le silence du parc, 
mais ils ont été très compréhensifs et sont allés voir ailleurs si on y était.

Quelques secondes avant la baiser. Bon, on ne va pas tout dévoiler du film non plus,
il faut bien qu'il reste quelques surprises...

L'a t-on déjà dit ? Helena se confond si bien avec la beauté du décor.

Dans le courant de la journée, de sympathiques gardiens du parc (Solange et René, pour ne pas les nommer...) sont venus voir de près ce que nous fabriquions. Ce fut l'occasion de discuter de cinéma, de télévision mais aussi et surtout de la vie du parc, de la faune et des petites anecdotes du coin... une place de choix pour oublier les rumeurs de la ville et méditer sur la substantifique moelle de la vie. Et filmer. 

Pendant ce temps, assis sur un banc, Helena et Xavier entreprennent le dialogue  des anciens amis réunis par le hasard.

Confrontation entre deux êtres séparés par l'injustice de la vie.

Idem que précédemment mais vu de l'autre côté...

Pour fini en apothéose, deux nouveaux (jeunes) acteurs ont fait leur apparition : Maxime et Elio (prénommés tous deux comme le blond "Maxime" et le brun "Eliot" joué par Sébastien et Hugo dans le film... un pur hasard. Tout comme le prénom d'Eliot porté par celui qui devait jouer l'autre Eliot, d'ailleurs... pour un film qui interpelle le destin, c'est troublant !).
Les deux ados ont donc assuré dans leur prestation et ont mis tout leur entrain à interpréter les troubles-fêtes (c'était dans le scénario). Quand ils n'étaient pas confortablement assis sur leurs chaises d'acteurs à attendre le signa de l'"Action !", afin de donner de la voix...

Faisons les présentations : Maxime l'espiègle à gauche, Elio l'espiègle à droite.
Ainsi, pas de jaloux.

mercredi 28 novembre 2012

mardi 27 novembre 2012

Éliot, photographié par Alexis Delhougne (II)


Découvrez l'envers du décor d'Eliot grâce aux magnifiques portraits photographiés par Alexis Delhougne. Ces photographies feront parties de l'album souvenir du tournage, avec une sélection de clichés de Martin Santander et quelques autres tirages.









lundi 26 novembre 2012

Eliot. Journal de tournage, jeudi

La journée suivante fut l'occasion de vérifier que les couleurs d'automne persistent même à mi-novembre... et c'est tant mieux. Pour l'occasion, les machinos ont monté une poutre sur laquelle était fixée la caméra à 3 mètres de hauteur. L'occasion aussi d'apercevoir une Matra Murena toute fringante. Mais si on ne devait retenir qu'une chose, c'est la beauté diaphane d'Helena qui s'accorde si bien avec le teint rosé des feuillages...


La deuxième journée de tournage amène toute l'équipe sur des lieux déjà fréquentés au cours de l'été, à Waterloo. L'action précédente se déroulait dans les années 80, lorsque le personnage d'Eliot adolescent tournait un petit film avec Maxime et Florence. Fort logiquement, nous retrouvons Eliot plus vieux d'une dizaine d'années qui revient sur les traces de son enfance. Eliot est cette fois-ci incarné par Xavier Hosten et Florence par la belle Héléna Coppejans.

Premiers plan de la journée dans la froideur du matin.

Notre crainte avait été, pendant la préparation au cours des jours précédant le tournage, de ne pas pouvoir profiter des feuillages de l'automne. Heureusement il n'en fut rien. La végétation semblait s'être calquée sur notre calendrier et s'était parée de ses plus beaux atouts. La météo fut clémente et, à l'exception d'un froid intense, n'a pas posé de problème particulier.

Philippe décrit l'action de la scène à Xavier (Eliot) et Laure, la scripte.

Les scènes de la journée ont nécessité une structure particulière, Philippe voulant saisir Xavier allongé sur le sol en un top shot. Le carrefour a été momentanément occupé par l'équipe, le temps qu'Helena Coppejans fasse une apparition remarquée au volant d'une Matra Murena écarlate.

Artur, Rémon, Son, Camille et Léo s'affairent autour de l'Alexa qui va être hissée à trois mètres de hauteur, 
grâce au matériel de KGS.

Tout est place. Ne reste plus à Xavier qu'à s'allonger sur le bitume et attendre l'arrivée de sa "belle" au volant du bolide.

Helena Coppejans arrive sur le plateau et se prépare pour son intervention.

La rue est en partie obstruée par l'installation, cela ne posant pas de soucis car la route n'est guère fréquentée.

Rémon fait connaissance avec l'easyrig, un système censé faciliter le portage de la lourde caméra d'ARRI.
Le chef opérateur a néanmoins préféré s'en passer pour les plans suivants...

Dernières consignes avant de tourner la scène. Chacun prend ses marques.

La scène est tournée et s'est bien déroulée.
Nous devons à Monsieur et Madame Deroy, collectionneur, d'avoir pu mettre à l'image la Matra.

Ultime plan (de jour). La journée s'arrêtait nécessairement à 17h00, faute de lumière naturelle.
Un dernier plan sera tournée avec Catherine Bary plus tard, en début de soirée. C'est l'ultime plan qui manquait au tournage en été, lorsque la tempête s'était abattu sur Waterloo !

Bilan positif pour cette seconde journée de travail. Tout s'est déroulé conformément aux souhaits du réalisateur. En dépit d'un soleil aux abonnés absents, les images restent belles grâce, notamment, à la science de Rémon. Nos remerciements pour cette journée s'adressent particulièrement à Roland et Titane Dierckx, qui nous ont accueilli merveilleusement une fois encore.


vendredi 23 novembre 2012

Pourquoi nous avons choisi de produire « Eliot » en fonds propres...


La question est légitime : nous sollicitons nos amis et notre entourage pour nous aider à réunir des fonds. Mais pourquoi ne pas être passé par les guichets habituels pour produire ce film ?



Il est très difficile aujourd’hui de produire un court métrage. Encore plus difficile de financer un moyen métrage. Les possibilités d’assurer une visibilité d’une telle œuvre sont en effet réduites, et ce eu égard à son format court. Hormis les diffusions sur les chaînes du secteur public et une possible vie en festivals – à condition que le film soit sélectionné –, le court métrage a plus vocation de faire connaître un réalisateur et de lui permettre de « tourner » en attendant de faire un long, plutôt que de faire vivre ses auteurs. Paradoxalement, un long métrage est plus facile à produire car le potentiel économique de son exploitation (distribution en salles, diffusion en télévisons, VOD, DVD, etc.) est une réalité qui lui est propre.

Lorsqu’on veut financer un court métrage en Belgique, on rentre généralement un dossier à la Commission de Sélection de la Communauté Wallonie-Bruxelles (Ndlr : le "CNC" wallon). Le pourcentage de réussite est très faible. Dans notre cas, il est nul. En effet, Eliot est le quatrième film qui a été produit sans la précieuse aide publique. Pour autant, il n’y a pas matière de notre part à rougir. Les quatre films que nous avons produits ont tous été ensuite achetés par des chaînes de télévision (France 3, Arte, RTBF, ORF, SSR-DRS, BE TV, Peter Williams International, Vision TV, Classic Art Showcase, Muzzik, Mezzo, Radio Canada, VRT), ont été récompensés et ont fait l’objet de différentes éditions DVD vendus à plusieurs milliers d’exemplaires et en quatre langues (français, anglais, allemand, japonais). Tous ces films n’ont pas pu être produits autrement qu’en fonds propre (une fois grâce à l’aide d’un fonds régional).
Qu’on ne s’y trompe pas cependant : ce n’est pas une critique aigre de notre part. C’est un simple constat qui explique pourquoi nous nous retrouvons dans l’obligation de produire autrement nos films. Le choix de financer Eliot en fonds propres n’est pas dicté par la frivolité ou la volonté d’indépendance ; c’est un choix économique incontournable ; c’est à vrai dire devenu, dans le contexte actuel, une nécessité vitale si nous voulons continuer à faire des films.


À ce jour, la réalité économique de la production est relativement simple : les fonds engagés ont permis de mettre le film en boîte. Pour aller plus loin, soit nous parvenons à financer Eliot par l’entremise du crowdfunding via Kisskissbankbank et ainsi permettre à Eliot de voir le jour rapidement ; soit cela ne se fait pas et nous devrons différer toute la postproduction, au gré de nos possibilités financières, courant ainsi le risque de ne jamais pouvoir terminer le film.

Ceci étant dit, nous sommes optimistes de nature. Nous l’avons toujours été, à vrai dire. C’est de cette façon qu’Eliot a pu aller aussi loin. La réalisation est prometteuse, les soutiens nombreux et nous nourrissons énormément d’espoirs pour ce film. Mais maintenant, Eliot a besoin d’un coup de main pour faire ses premiers pas seul. Si vous voulez permettre au film d’exister, par un don ou par tout autre moyen que vous souhaitez, c’est le moment. Si nous réussissons tous ensemble ce pari artistique un peu fou, ce sera une belle aventure humaine. Et rien que pour cette raison, cela valait la peine de l’entreprendre !

***

La presse a écrit au sujet de nos films...


"C’est là un tour de force de mêler le tout, en subtilité, avec le regard intérieur des chœurs parmi les plus célèbres..." (Le Soir)
"Un documentaire magnifique..." (Femmes d’aujourd’hui)
"Une vraie merveille..." (L’homme nouveau)

"C’est le pivot de ce court métrage qui comble autant les oreilles que la vue." (La Libre Belgique)
"Un peu de fièvre, sur le drame de la mue, est saisissant." (DVD Live)

"Le film évolue entre rêve et réalité sans que l’on ne sache en déterminer les frontières." (La Libre Belgique)

Eliot, photographié par l'artiste Alexis Delhougne (I)

Découvrez l'envers du décor d'Eliot grâce aux magnifiques portraits photographiés par Alexis Delhougne. Ces photographies feront parties de l'album souvenir du tournage, avec une sélection de clichés de Martin Santander et quelques autres tirages.

Si vous souhaitez posséder un tirage de l'une d'entre elles signé par l'artiste, contactez-nous sur eliotlefilm@gmail.com







mardi 20 novembre 2012

Eliot. Journal de tournage, mercredi

Mercredi, premier jour de tournage. L'équipe s'active, les HMI sont en place. L'Alexa se fait belle. De nouveaux comédiens pour un nouveau scénario, mais toujours la même solide équipe derrière la caméra, sous la direction du Maestro Rémon Fromont. Quatre jours intenses de travail, dans la sueur et la bonne humeur. Dans le plan de travail, le super 16 fait concurrence avec le numérique. Le temps est radieux. Le troisième et dernier tournage d'Eliot démarre sous de très bons auspices !



Repartons quelques jours auparavant : passé le premier travail fait avec notre monteuse, Frédérique Broos, nous avons ont été convaincus, Philippe et moi-même, de retravailler le scénario. Nous voulions donner plus de poids à la période d'Eliot dans les années 90 et ainsi de permettre au personnage de Florence d'exister davantage. De facto, cela nécessitait de reprendre totalement le plan de tournage, et son corollaire : l'organisation financière et technique. Soit non plus deux jours de tournage supplémentaires mais quatre. Et forcément, ce surcoût généré par la multiplication des jours de tournage est venu s'ajouter aux autres postes de dépenses déjà douloureusement provisionnés. Pour autant, cela en valait-il la peine ? Assurément, oui. Et les images ramenées par l'équipe en sont la preuve : non seulement il ne fait aucun doute que nous avons pris les bonnes décisions artistiques pour le film, mais nous sommes persuadés que cela s'avérera être un pari gagnant pour la vie d'Eliot, le film.

C'est donc dans un esprit confiant que le mercredi 14 novembre au matin, nous accueillons les premiers arrivants sur un lieu de tournage qu'ils connaissent bien : la propriété de Michel et d'Annette Coryn, le même décor qui a servi à tourner la première partie d'Eliot. Sans dévoiler l'histoire, nous assistons à un bond dans le temps et retrouvons le personnage d'Eliot âgé d'une vingtaine d'années à la recherche du temps perdu...

Bien que nous avions prévu la chute du jour brutale de l'automne, nous avons été surpris aux environs de 17 h 00
et avons dû continuer à la bougie... ou plutôt à la lueur des projecteurs.

Autour de Rémon le DoP, l'équipe image "de choc" constituée par Léo et Camille.

Philippe visionnant une scène avec l'impeccable Lauren Bruls.


Cette fois-ci, les scènes sont censées se dérouler dans les années 90'. Cela ne pose pas de problème particulier pour la préparation hormis le fait que les vêtements ont légèrement évolué, passant des tendances flashy de la mode des 80' à des reflets plus sobres des 90'. Les équipes son et image connaissent les plans, tout se fait donc assez simplement. Une anecdote amusante : Annette et Michel, qui ignoraient que nous reviendrions sur les lieux du premier tournage, avaient entrepris de rénover leur piscine. Et ainsi, nous avons pu à moindre frais filmer un lieu identique au premier et cependant totalement "raccord" avec notre histoire, laquelle est censée se passer une dizaine d'années plus tard... et donc avoir subi quelques modifications avec le temps ! Ce qui fut effectivement le cas dans la réalité, mais à l'échelle de quelques semaines.

Pour ces nouvelles scènes, de nouveaux acteurs ados font leur apparition : Eliot Schul dans le rôle d'Eliot (ça ne s'invente pas !), marchant sur les pas de notre irremplaçable Hugo Alsteens ; Lauren Bruls reprend brillamment le flambeau d'Eszter Boone dans le rôle de Florence ; l'athlétique Martin Mœrmans succède à Sébastien Rombaux pour celui de Maxime. Et un petit nouveau fait son apparition : Denis de Suraÿ, invité en guest star, joue le rôle du frère de Florence.

Côté adulte, Xavier Hosten est Eliot à l'âge de vingt-trois ans dans les années 90. Il incarne à merveille le personnage et on ne doute pas une seconde qu’il s’agit bien de notre Hugo des années 80 qui aurait miraculeusement pris une dizaine d’années en l’espace de deux mois…


Denis dans ses œuvres, ou comment associer plaisir et travail.

On ne le dira jamais assez : l'autre dimension d'un film avec l'image, c'est le son.
Hugo, l'ingénieur son d'Eliot, a eu fort à faire en essayant de capter les dialogues
en même temps que les clapotis de la piscine.

Un Eliot plus vrai que nature, joué par... Eliot Schul.

Martin Mœrmans et Denis de Suraÿ pendant une prise de vue sur Eliot et Florence.

La nuit tombe vite en novembre. C'est aussi vrai sur un tournage !
Heureusement, notre équipe avait anticipé cela en amenant les sources lumineuses capables d'apporter le clair / obscur indispensable à la scène.

Contrairement aux apparences, il n'y aura aucun plan de nuit dans ces scènes !

L'autre activité des acteurs pendant un tournage, avec le jeu des scènes,
c'est l'attente... Denis, Eliot, Martin et Lauren. Qui attendent.

Ambiance sfumato pour un plan avec Eliot (Eliot Schul).

Au premier plan, une ARRI S2 pour les besoins de la scène. À l'arrière plan, la caméra ARRI Alexa.
Duel de génération ? Non, hommage au constructeur allemand des deux caméras.

Deux équipes de tournage s'affrontent dans un duel pellicule vs numérique.
Qui en sort gagnant ? Eliot, bien sûr.

Vue amusante du plateau, sous deux angles différents.

La dernière photo, qui devrait être en fait la première, résume assez bien ce premier jour de tournage :
Du beau temps, un beau lieu, des beaux acteurs... et une équipe au poil !